Billets d'humeur du mois d'avril 2018

Textes de Jean-Claude Carlier (Curé)


 

Dimanche 1 avril

Voici le printemps revenu, sans bruit. Tout beau, tout neuf. Tout frisquet encore. Il s’installe partout, dans les moindres recoins de la nature. De la brindille à la branchette, du ruisseau à la brise, du ciel à la terre, et en nous. La pluie est encore là. Oui, mais c’est pour faire germer la graine. L’hiver n’a pas gagné la partie et il ne la gagnera jamais. Il a voulu nous emprisonner mais la vie a triomphé de la mort. Voici le temps de l’éveil ! “Eveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts et le Christ t’illuminera". Le Seigneur est celui qui donne la vie sous toutes ses formes. Il nous ouvre les oreilles. Ecoutons sa voix et le chant des oiseaux. Il nous touche de sa tendresse : sentons la douceur de sa présence et les chauds rayons de soleil. Levons-nous et allons nous promener avec le Seigneur dans le jardin - la tombe est vide - Allons boire et nous désaltérer à sa source féconde, riante, toujours nouvelle. C’est le moment de s’aérer, de respirer, de se débarrasser de tout ce qui nous emmitoufle et gêne nos mouvements. Renonçons aux vieilles habitudes. Ranimons, ravivons la flamme de l’espérance au feu nouveau qui réchauffe notre coeur. Osons l’Alleluia de la joie. Goûtons l’ivresse de l’Esprit. Et si, dans tout cela, le temps se gâte, si l’orage parfois éclate, nous avons notre Guide. C’est un temps de repos, un temps d’épreuve peut-être qui nous est imparti. Mais la vie est là qui a repris ses droits et nous gardons foi en Christ, notre printemps, notre Pâque, notre passage de la mort à la vie. Avec lui, nous pouvons marcher sans peur sur les chemins du monde en proclamant son amour et notre délivrance. En cette Pâque nouvelle, vraiment, la paix est avec nous, en nous. C’est une bonne nouvelle...


 

Dimanche 8 avril

Beaucoup de mots ont été écrits depuis qu’un souffle d’admiration et de reconnaissance infinie a saisi tant de personnes. Nombre de mots justes ont été écrits ou prononcés. Mais aucun mot ne traduira jamais assez la portée du geste du colonel Arnaud Beltrame. " Dès que nous eûmes appris son geste, à l’issue incertaine, nous tous, Français, avons tremblé d’un frisson singulier. L’un d’entre nous venait de se dresser " a dit Emmanuel Macron. Nous avons tant besoin de nous lever contre le " morne relativisme ". Il y a pire que de mourir : mener une vie absurde. Arnaud Beltrame par sa mort, il a vaincu le mal, comme l’a dit Jean-Luc Mélenchon, dans une formule que les chrétiens auront bien entendue. Non que ce mal, l’islamisme radical qu’a visé le Président de la République, ne rôde plus. Il est là pour longtemps. Mais Arnaud l’a recouvert du manteau du Bien, il lui a imposé le silence. Nous avons trop souvent donné visage et nom aux meurtriers. Cette fois, l’assassin tombe dans l'oubli. Nous ne retiendrons que le nom de ce Français, de ce gendarme qui, tous, nous élève et nous rappelle pour quoi nous pouvons nous battre. Quelqu’un s’est souvenu de cette phrase des djihadistes : " nous aimons la mort comme vous aimez la vie ". La croyance du jihadiste lui ordonnait de tuer. La foi chrétienne d’Arnaud l’invitait à sauver, en offrant sa vie s’il le fallait. Vos " martyrs " trouvent la mort en assassinant des innocents. Les nôtres la trouvent pour les sauver. La mort emporte vos " martyrs ". Les nôtres trouvent la Vie. Cet officier très chrétien avait au cœur la Parole de Jésus : " Ma vie, nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même ".


 

Dimanche 15 avril

Imaginons un homme qui croise un ami en rentrant à la maison. –T’as donc l’air dépité, mon Gérard, de dire le copain. — Le patron m’a mis à la porte. — Voyons donc ! Qu’est-ce que t’a fait ? — Justement, il dit que je n'ai rien fait. Il m’avait confié de l’argent. Je ne savais pas trop quoi faire avec ça. Faire des placements, c’est de l’ouvrage. Faut que tu surveilles la bourse. Faut prendre des risques. C'’est pas trop mon genre. —  C’est certain que c'’est pas ton genre. T`as jamais été vaillant. Regarde ton jardin. T’es bon pour semer. Mais après, tu n’arroses pas. Tu n’arraches pas les mauvaises herbes. Tu ne sarcles pas. Et t’es surpris de ne rien récolter à l’automne. Regarde ton mariage. T’as pensé que tout était réglé au pied de l’autel. Mais l’amour, ça s’entretient, ça se cultive. Faut des attentions, des p’tits mots, des bons services… Toi, tu n’aurais jamais pu faire un veilleur de nuit ou un gardien de phare. T’as le sommeil trop facile. Et l’ami très franc continua son "sermon" jusqu’à la maison de Gérard. Je n’ai jamais su s’ils ont abordé la question de la foi. Dieu nous la confie non pas pour la déposer dans un coffre-fort mais plutôt pour l’exposer au grand air et lui donner la chance de s’épanouir. Avec la foi, il faut faire des placements ! Dans nos amours, dans notre travail, même dans nos choix politiques. La foi trouve alors ses chances de se déployer. Elle attend de nous une vigilance constante pour la dynamiser. Quand elle est surprotégée par des peureux, elle sombre dans l’anémie. Au bout du compte, elle ne vaut pas grand-chose. La foi n’a d’avenir que si elle est risquée !


 

Dimanche 22 avril

Finalement, ne somnolons-nous pas dans une douce lubie ? Dans l’utopie insensée que l’Espérance et l’Amour sauveront le monde ? C’est peut-être un peu présomptueux d’y mettre des majuscules d’ailleurs. Comme si on essayait désespérément de donner de l’autorité et de la force à ces mots bien faibles. Certains s’enivrent de désespoir et de pessimisme. Peut-être bien que, pareillement, nous nous morfondons et enlisons dans l’espoir et l’optimisme. Fuyant le fait que finalement, nous ne pouvons rien à tout ça. Palestine, Israël, Irak, Russie, Syrie, et tellement d’autres. Et la mort, et les maladies etc. On se réfugie derrière de grands beaux concepts. Qu’est ce que vous prétendez changer en aimant ? En aimant qui d’ailleurs ? Quoi ? Qu’est-ce que vous prétendez changer par un sourire ? Qu’est-ce qui vous fait croire que ça sert à quelque chose ? Une certitude que je ne cerne pas complètement mais qui semble crier " oui, vas-y. Crois, espère, aime. Je te jure que ce n’est pas perdu ". Accepter qu’on aime… pour l’Amour. C’est tout. Oh je ne doute pas que vous aurez plein de pertinents autres éclairages à donner. Mais peut-être le centre est-il là. On parle souvent du mystère de Dieu. De tous ces trucs un peu surnaturels qui nous dépassent. Dieu fait homme, la résurrection, l’Eucharistie. Le mystère de la Foi. En fait, le mystère de la foi ne concerne pas que Dieu je crois. Ce mystère on peut le faire nôtre et aussi nous faire un peu mystère. Au sens où je crois qu’il y a dans notre Amour, dans notre Espérance, dans notre Joie une part de mystère. On ne sait pas vraiment où ça nous mène. Mais, au fond, aimer… c'est Tout.


 

Dimanche 29 avril

Pourquoi avoir si peur de faner quand avancer en âge permet surtout de gagner confiance en soi et en sagesse ? N’ayons pas peur d’éclore encore. Il y a des arbres centenaires qui sont pleins de vie. Je me dis : il faut savoir être grand et petit à la fois, J’explique : Il ne faut pas rester gamin gamin toute sa vie, il faut être grandi, être "mûr". Un fruit passe par une phase de mûrissement, et quand cette phase est terminée il peut être consommé. De même pour un enfant, qui connaît une période de maturation jusqu’à un âge où il devient un jeune adulte, après avoir été un vieil enfant. Adulte, il faut savoir réagir à toutes sortes de situations tel le scout toujours prêt. Il faut accepter d’avoir des responsabilités et les remplir, Il faut être grand pour savoir montrer le bon exemple… En même temps, il faut aussi garder quelque part dans son coeur son enfance, Parce qu’on dit que la vérité sort de la bouche des enfants. Ce n’est pas toujours vrai mais un enfant, c’est un peu "l’innocence", Un enfant quand il regarde le monde, il comprend pas pourquoi les hommes se compliquent tant la vie. Pourquoi ils ne sont pas capables d’aller dire tout naturellement pardon à l’autre comme lui le fait à sa maman. Parce qu’un enfant, il n'a pas le visage sérieux et toujours sombre des grands. Il sourit (sauf quand il pleure certes !) Parce qu’un enfant il aimerait faire un câlin au monde entier ! Le monde dans lequel il vit a perdu de cette innocence. C'est le monde des apparences, du virtuel. Il ne s'attarde qu'à la surface des choses et des personnes. Nous vivons bien trop souvent dans le superficiel, l'instantané, le provisoire. La question est : comment être "soi" ? Comment nous unifier ? Senior dans son corps, adulte dans son esprit, jeune de caractère et enfant de chœur – pardon – de coeur !

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